"Adieu l'âge vert, je suis dans l'âge mûr. Et l'âge mûr, par définition, c'est celui qui précède l'âge pourri.". Pierre Desproges dans un de ses premiers livres, une suite d'essais sur les obsessions qui referont surface tout au long de sa carrière : les coiffeurs, "l'élément le plus inutile d'une nation avec les militaires", les chauffeurs de taxi, le sexe, le suicide, le racisme, les jeunes, mais surtout, omniprésente, la mort, autour de laquelle il tourne en l'effleurant, avec laquelle il s'amuse, qu'il désacralise, qu'il nous rend familière, avec laquelle il nous prouve qu'il est possible de vivre heureux. De sa plume aiguisée comme un rasoir, il lacère le papier de ses idées noires, les enveloppant de tellement d'humour et d'ironie, voire de cynisme, que soudain tout est relatif, et plus rien n'a d'importance que sa verve, et que la vie devient plus belle : un livre d'intérêt public, en somme.
« Ce nouveau spectacle, d’une facture un peu moins sophistiquée que le premier afin d’être compréhensible à l’entendement des plus cons, se composera d’une série de vrais sketches avec des vrais morceaux de bravoure entiers dedans reliés entre eux par une bassesse d’inspiration qui volera au-dessous de la ceinture du moindre nain, malgré quelques bouffées de tendresse qui pourraient se compter sur les doigts de la main du baron Empain. » Pierre Desproges |