Le style, à la fois roman et gothique de l'église, est dû à la confrontation de deux cultures, celle du nord de l'Aquitaine et celle du sud de l'Ile de France. Elle dégage un charme médiéval rehaussé d'une décoration aux tons arabo-espagnols qui rappelle qu'elle était placée sur le chemin du pélerinage de Compostelle
En franchissant son portail admirablement sculpté, on se laisse bercer par une douce pénombre. L'église fut en effet construite sous le niveau du sol pour ne pas que les rayons du soleil viennent perturber le recueillement des fidèles
Furtivement l'ombre d'une robe semble passer par une porte aménagée au fond d'une chapelle, et l'on imagine soudain Anne de Beaujeu, dame de Saint-Amand, venue se recueillir en toute discrétion.
La trace du Grand Condé plane également sur cette église, plus précisément sur son orgue imposant classé à l'inventaire des monuments historiques, offert par le Prince aux habitants de Saint-Amand en dédommagement des pertes subies lors des troubles de la Fronde.
L'église accueille régulièrement tout au long de l'année de nombreux concerts et une découverte de l'orgue à l'occasion de la fête de la musique le 21 juin et des journées du patrimoine.
église Saint Hilaire d'Orval XIIIe
Selon la tradition, la croix d'Orval aurait été offerte par le roi Saint-Louis au seigneur d'Orval, Henri II de Sully. Volée au XVIème siècle, elle fut restituée en 1575. Au XVIIème siècle, la famille de Condé y ajouta un socle en argent doré. Une légende veut que volée et échangée contre des anneaux d'or, elle fut retrouvée près de l'Ombrée par un taureau qui, avec ses cornes, la retira d'un fourré où elle avait été jetée par le receleur pris de remords. Au XIXème siècle, elle servit de modèle au vitrail du choeur de l'église.
Depuis 1891, la date de son classement par les monuments historiques, elle a quitté quatre fois sa paroisse, en 1900 à l'occasion de la rétrospection sur l'art français à Paris, en 1965 toujours à Paris pour l'exposition des trésors des églises de France, en 1980 et 1986 pour être présentée à Saint-Amand et à Noirlac.
Aujourd'hui, après sept siècles de pérégrinations et de sommeil dans un banque saint-amandoise, le précieux reliquaire s'offre à nouveau aux yeux des visiteurs bien à l'abri dans son écrin blindé.