Charenton vient de Carentomagos, site d'origine gauloise.
Il faudra attendre les Mérovingiens pour trouver des traces archéologiques ainsi que le fondation d'une abbaye de dames dûe à un disciple de saint Colomban en 620. Seule trace visible, le sarcophage de Saint Chalan ( visible au musée du Berry à Bourges) sans doute le guide spirituel de la petite communauté.
La petite bourgade située sur une butte au milieu d'une zone marécageuse de la vallée de la Marmande devint une vignerie carolingienne. Puis, à partir de l'an Mil, elle prendra un aspect défensif avec l'édification de la motte féodale bien conservée et le creusement des fossés dont les remblais vont consolider la butte d'origine.
L'arrivée des Déols, branche cadette des Déols-Châteauroux va aboutir au XIIe siècle à la transformation de Charenton en petite ville fortifiée avec son rempart flanqué de tours. A l'intérieur, le château-fort, l'église paroissiale Saint Martin et l'enclos des religieuses.
Un fossé large et profond ceinture la ville où l'on peut pénétrer par 3 portes: l'une à l'ouest vers Aint-Amand, l'autre au sud vers le pont Saint Priest et la troisième appelée laPoterne vers Ainay le Château. De ces grands travaux du XIIe siècle, rempart, tour et poterne restent visibles. Le château-fort est totalement disparu. Il était en ruines à la fin du XVIe siècle.
L'église Saint Martin bien restaurée a gardé sa nef et son choeur de la fin du XIe siècle encadrés par le clocher et les chapelles du XVe au XIIe siècle. L'enclos des religieuses bénédictines, Notre Dame de Charenton fut le témoin de l'évolution de l'architecture religieuse jusqu'en 1789. Aujourd'hui le contour approximatif de cet enclos est identifiable mais la vente des biens du Clergé à la révolution, presque tout va être détruit et utilisé comme carrière de pierres.
De l'abbatiale romane du XIIe siècle, 40 m de long ne restent que le narthex qui abrite la belle porte d'entrée de la nef et quelques vestiges de l'abside dans un jardin à l'est. Ce narthex est devenu au milieu du XIXe siècle la chapelle Notre Dame de Grâce. doosé au narthex, le logis abbatial construit à la fin du XVIIe siècle a été conservé. Il était immédiatement habitable par les acheteurs.
Au sud de l'abbatiale, un bâtiment conventuel avait été édifié fin XVe siècle sur une terrasse élargie au détriment de la zone innondable. Travaux considérables pour construire un bâtiment de 2 étages. Ses abbesses responsables de ces grands travaux appartenaient à la famille d'Amboise, seigneurs de Meillant, barons de Charenton et mécènes bien connus.
Tout fut vendu et détruit. Des pierres ont été réemployées dans le bourg et aux environs.
Le pont Saint Priest présente encore aujourd'hui une arche en arc-brisé.
Au XIXe siècle, le vieux bourg a été éventré pour laisser le passage à la route Angoulème-Nevers. La mairie construite en 1900 dans la partie haute du bourg est en partie à cheval sur l'ancien fossé.
Le chef-lieu de canton actuel offre aux curieux ses maisons anciennes aux toits pentus, ses ruelles étroites, ses tours d'escaliers et des traces d'échoppes.