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Camp de César

LA COUPE GEOLOGIQUE :
Au Jurassique inférieur (Lias), il y a 200 millions d’années, la région de la Groutte est occupée par une mer tropicale chaude, peu profonde et calme, fréquentée par de grands reptiles marins (ichthyosaures, pliosaures, plésiosaures) et des mollusques (ammonites, bélemnites) aujourd’hui disparus.
La France est alors un archipel comparable aux îles Bahamas, de nos jours.
Entre -188 et -195 millions d’années, une importante sédimentation se produit au pied des terres émergées et un ensemble de dépôts calcaro-marneux se constitue sur une puissance d’environ 40m.
Cette période correspond à l’étage Hettangien (-205 à -201 M.A.) défini à Hettange en Moselle par le géologue suisse Eugène Rénevier.
L’ouverture d’une carrière dans le flanc du plateau permet la mise au jour de cette stratigraphie. L’horizontalité des couches prouve le calme des eaux à cet endroit, et leur nombre indique les diverses transgressions marines.

La carrière est exploitée pour fournir de la pierre à bâtir, des pavés pour les rues (« calcaire à pavés ») et pour fabriquer de la chaux. Le four à trois foyers subsiste au bord de la route. Tous ces produits sont acheminés par le canal de Berry.
La présence de vestiges préhistoriques situés au sommet du front de carrière ainsi que les nombreuses découvertes déjà effectuées sur le site provoquent un arrêté de classement en 1966 et la cessation de l’exploitation.

L’OPPIDUM des MURETTES dit « LE CAMP DE CESAR »:
Le plateau calcaire qui s’avance en éperon orienté N.O - S.E est bordé, au sud, par un vallon sec parcouru par la route D97 et, au nord, par la vallée du Cher qu’il domine de façon abrupte d’une hauteur de 40m.
Celui-ci est barré par un rempart de terre et de pierres : le vallum, long de 210m, épais de 15m, pour une hauteur variant de 2,6m à 3,5m à l’intérieur (4m à l’extérieur). Dans la partie centrale; une porte large de 3,5m permet l’accès au camp. La périphérie du plateau, ceinturée par des murettes de dalles, délimite une surface d’environ 5ha. Cette zone est actuellement cultivée.
Caylus en donne une description au XVIIIe siècle.
Mérimée visite le site en 1838 et affirme que le rempart est la réalisation « d’un peuple anciennement établi dans cette localité et en civilisation très inférieur aux Romains ».
Buhot de Kersers pense que l’enceinte et le rempart pourraient être attribués aux époques de la Pierre Polie.

Vers -3000 av J.-C. des agriculteurs chasséens édifient un premier rempart de terre probablement surmonté d’une palissade et défendu par un fossé.
Le site est ensuite occupé jusqu’au néolithique récent, soumis aux diverses influences provenant d’Armorique ou de Bourgogne.
A l’âge du bronze final, l’ouvrage est rehaussé par l’apport de matériaux qui recouvrent les structures du néolithique. Le creusement d’un nouveau fossé achève sa défense.
Au Hallstatt moyen, l’édification d’un mur appareillé est consolidée à l’extérieur par un noyau calciné de chaux et de pierres.
A la Tène, un deuxième muret est construit, côté extérieur, parallèlement au premier qui est surélevé constituant ainsi un caisson d’environ 6m de large.
Le site semble avoir été abandonné à l’époque romaine peut-être au profit de Drevant.
Les diverses fouilles ont livré un mobilier archéologique conséquent :
Matériel lithique : Il se compose d’outils en silex : lames, grattoirs, burins tranchets, pointes de flèche (à tranchant transversal, à pédoncule ou losangique), hache ...
Matériel osseux : poinçons, lissoirs, ciseaux en os de mouton, gaine de hache en bois de cerf, hameçons (courbe :un exemplaire exceptionnel, ou droits), ébauche d’hameçon (?)
Céramique : plat à pain, bol hémisphérique, écuelle carénée, bouteille, gobelet, vase (de type Horgen?), coupes à socle à décors (ponctués, en triangle et chevrons hachurés, en damier hachuré) typiques du style chasséen.
Parure: canine d’ours, dent de castor, pendeloques en os, rostre de bélemnite, ammonite perforée.
Faune : boeuf sauvage et domestique, porc (ou sanglier), mouton (ou chèvre), chien.
Homme : Fragments de calotte cranienne d’un jeune d’une dizaine d’années.

L’ensemble de ce matériel est présenté au Musée Saint-Vic à Saint-Amand Montrond.